Comment devenir micro-entrepreneur (auto-entrepreneur) ?

Date de l'actualité : 
Mardi, 9 Décembre, 2014

Malgré quelques évolutions, le régime micro-entrepreneur (auto-entrepreneur) continue de séduire les créateurs d’entreprise. En France, 50% des personnes qui montent leur boîte choisissent ce régime micro- social et fiscal. On fait le point.

 

Souvent présenté comme une manière simplifiée de créer son entreprise, il n’en reste pas moins qu’il faut se poser un certain nombre de questions essentielles avant de devenir auto-entrepreneur.

 

 

Est-ce que ce régime est fait pour moi ?

 

Le régime auto-entrepreneur a été lancé en 2009 pour permettre un complément de revenu aux salariés, retraités, étudiants. Il doit aussi permettre à des créateurs de se lancer plus facilement, tester leur activité sans prendre trop de risque avant d'évoluer vers un statut plus "classique". Ainsi, il y a très peu de statuts ou de métiers qui sont exclus de ce régime. Certaines activités agricoles, artistiques, ou encore métiers de la fonction publique en sont exclues par exemple.

Si vous êtes salarié, vous devrez consulter votre contrat de travail pour savoir s’il vous est possible de cumuler vos deux activités. Sans indication particulière, vous n’avez pas l’obligation de prévenir votre employeur même si cela est fortement conseillé.

Depuis le 1er janvier 2015 et la mise en application de la Loi Pinel du 18 juin 2014, le "régime auto-entrepreneur" et devenu "micro-entrepreneur".

 

Quel est mon projet ?

 

Ce n’est pas parce que l’accès au régime est simplifié qu’il faut se lancer sans réfléchir ! Comme toute création d’entreprise, (car oui, devenir auto-entrepreneur c’est créer une entreprise individuelle !), il faut étudier son projet :

 

  • Est-ce que je suis seul ou vais-je avoir des associés ? Attention, il ne faut pas confondre associé et partenaire. L’un fait partie de l’entreprise, l’autre c’est quelqu’un à qui vous pouvez faire appel en cas de besoin d’une compétence que vous n’avez pas ou une surcharge de travail (et vice-versa).
  • Est-ce un complément de revenu ou est-ce que je souhaite en vivre ? En effet, les enjeux du projet sont différents en fonction du point de vue.
  • Est-ce que j’ai besoin d’un diplôme pour exercer ? Car non, le régime ne vous exempte en rien de la législation en vigueur.
  • Est-ce qu’il y a un marché pour mon offre ? Ce n’est pas parce que vous devenez auto-entrepreneur que vous aurez des clients ! Si votre offre ne correspond pas à un besoin, si vous ne communiquez pas, si vous ne démarchez pas vos clients, il y a de fortes chances que vous ne réalisiez pas de chiffres d’affaires… Pour s’en assurer, le meilleur moyen est d’analyser le marché que l’on cible : le besoin, la concurrence la clientèle, les éventuels fournisseurs.
  • Est-ce que j’ai une idée de mon chiffre d’affaires potentiel ? En effet, il est très important d’en avoir une estimation la plus pertinente car le régime micro-entrepreneur impose un plafond annuel (sur une année civile) en fonction de votre secteur d’activité : 32.900 € pour les activités de services et libérales, 82.200 € pour les activités de vente de marchandises. Le montant de ce plafond est calculé en fonction de la règle du prorata temporis. C’est-à-dire que le montant sera évalué en fonction du moment de l’année où vous vous enregistrerez.
  • Est-ce que j’aurai beaucoup de charges pour réaliser mon activité ? Sachez qu’en tant qu’auto-entrepreneur, vous ne serez pas soumis à la TVA pour vendre vos services, mais que vous la payerez quand vous réaliserez des achats pour votre activité. Vous ne pourrez pas la déduire du chiffre d’affaires. A l’instar de la TVA, vous ne pourrez pas non plus déduire vos autres charges de votre chiffre d’affaires. Par exemple, vous devez acheter à crédit un véhicule pour travailler. Les mensualités du prêt viendront grever votre résultat. Par conséquent, Il est très important de prendre en compte ces éléments car cela aura une incidence sur le résultat de votre entreprise. Si vous avez trop de charges, vous aurez certainement du mal à vous dégager une rémunération convenable.

 

Un régime micro- fiscal et micro- social

 

En tant qu’auto-entrepreneur, vous serez soumis à l’impôt sur le revenu. Pour vous en acquitter, vous devrez choisir entre le prélèvement libératoire (à chaque fois que vous faites votre déclaration de chiffre d’affaires) ou sur la déclaration commune d’impôt sur le revenu. Il n’y a pas de bon ou de mauvais choix. le choix se fait après étude du projet.

 

En tant qu’auto-entrepreneur, vous aurez le statut de Travailleur Non Salarié (TNS). Vous devrez cotiser au RSI (l’équivalent de la CPAM pour les salariés). Le taux de cotisations est calculé en fonction de votre secteur d’activité. Vous avez aussi la possibilité de bénéficier d’une exonération totale ou partielle de charges sociales la première année si vous êtes éligible au dispositif ACCRE .

 

En tant que micro-entrpreneur (auto-entrepreneur), vous cotiserez pour votre couverture sociale et vous cotiserez pour votre retraite. L’obtention de vos trimestres dépendra du chiffre d’affaires que vous réaliserez chaque année.

 

Les cotisations sont calculées sur le chiffre d’affaires encaissé. Par conséquent, si vous ne déclarez pas de chiffre d’affaires, vous n’aurez pas de cotisations à régler. Cela veut aussi dire que vous ne cotiserez pas.

 

Quels autres frais ?

 

En plus de vos cotisations, vous devrez vous acquitter de la CFE (Cotisation Foncière des Entreprise). Cette taxe est indépendante du chiffre d’affaires et vous aurez à la régler même si vous n’avez pas d’activité. Elle dépend du lieu d’implantation de votre entreprise.

 

Vous devrez aussi payer la CFP (Cotisation Formation Professionnelle). Le taux varie de 0.10 à 0.30 % en fonction de votre secteur d’activité. Là aussi, la règle du prorata temporis s’applique.

 

Depuis la loi Hamon du mois de juin 2014, les auto-entrepreneurs devront également s’acquitter des frais de Chambre consulaire et avoir un compte bancaire dédié à l'activité

 

Ceux qui dépendront de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat devront obligatoirement suivre un Stage Préalable à l’Installation (SPI).  

 

 

Comment je m’inscris en tant qu’auto-entrepreneur ?

 

Pour devenir micro-entrepreneur, vous avez plusieurs possibilités :

  • Vous vous rendez auprès de votre CFE (Centre de Formalité des Entreprises) qui vous concerne. La CCI pour les activités de commerce, services, industrie, la CMA pour les activités artisanales ou l’URSSAF pour les activités libérales. Au préalable, vous devrez retirer votre imprimé sur internet.
  • Vous pouvez aussi vous inscrire sur le site officiel www.lautoentrepreneur.fr .

 

Pour résumer

 

Le régime micro-entrepreneur (Auto-entrepreneur) s’adresse à ceux qui cherchent un complément de revenu, ou qui veulent tester leur activité avant de se lancer ou d’entreprendre sans prendre trop de risque.

Vous pouvez cumuler les statuts de salarié, étudiant, retraité et exercer à titre principal ou complémentaire.

Vous devez respecter la réglementation en vigueur et vous acquitter de vos cotisations sociales et fiscales.

Le régime est intéressant pour des activités qui génèrent de faibles charges, pour lesquels il n’y a pas ou peu d’investissement.

En devenant Auto-entrepreneur, vous créez une entreprise individuelle avec un régime micro- social et micro-fiscal. Vous cotisez pour votre couverture sociale et votre retraite. Elles sont calculées sur votre chiffre d’affaires qui est lui-même soumis à l’impôt sur le revenu.

 

Pour aller plus loin

 

Vous êtes toujours intéressé par ce régime ? Inscrivez-vous à une réunion d’information animée par les Supporteurs. En fonction des villes, elles ont lieu 1 à 2 fois par mois. Certains des Supporteurs proposent aussi des journées de formation. Renseignez-vous au 02.72.56.80.01. N'hésitez pas non plus à consulter le site officiel l'autoentrepreneur.fr .